Start-up, votre portefeuille de brevets est-il attractif et sécurisé ?


La valeur des start-up innovantes repose en grande partie sur la qualité et la force de leur portefeuille de brevets. Sa sécurisation est aussi essentielle pour éviter les contentieux qui peuvent s’avérer fatals pour la survie de l’entreprise et son attractivité auprès des investisseurs et des acheteurs potentiels.

L’audit de propriété intellectuelle (PI), et plus particulièrement en matière de brevets, est un outil d’aide à la décision. Il peut être demandé par un investisseur dans le cadre d’une levée de fonds, par un potentiel partenaire en vue d’une fusion ou par un acquéreur dans l’optique d’un rachat. Et l’enjeu est de taille : les start-up n’ayant à leur début pas de bilan à présenter ou une rentabilité peu avantageuse, leur portefeuille de brevets constitue un élément primordial de leur valeur patrimoniale. Son évaluation dans le cadre d’un audit PI permet ainsi à une tierce partie de disposer d’une vue d’ensemble sur le potentiel et la solidité du portefeuille de brevets.

L’audit PI est aussi un instrument au service du dirigeant de start-up pour tout simplement disposer d’une vision globale de sa stratégie PI, en mettant en lumière ses forces et les facteurs de risques. Il peut arriver que le titulaire de brevets se sente pleinement protégé et dans son droit et découvre, à cette occasion, que la situation est moins favorable que prévue. Des préconisations faites au moment de l’audit PI peuvent lui permettre de renforcer sa protection.

Des brevets de moindre importance

Première faille potentielle : la force du portefeuille de brevets. Pour estimer sa solidité, le conseil va s’attacher à analyser non seulement le nombre de titres délivrés et leur portée territoriale, mais également la portée effective accordée par chaque brevet sur la technologie mise en œuvre. Un brevet uniquement déposé en France aura bien évidemment moins de valeur qu’un brevet déposé en Europe, aux États-Unis, en Chine, au Brésil ou encore en Inde… L’auditeur s’intéressera également à l’étendue de la protection par rapport à l’activité de l’entreprise. Il faut savoir, par exemple, que la portée des brevets après délivrance est souvent plus étroite que ce qui était espéré lors du dépôt de la demande de brevet.  Parfois, les entreprises auditées n’en ont pas conscience. Et pourtant, c’est un élément d’importance, capable par exemple de faire échouer un deal : le décalage entre le monopole prétendument détenu par la société cible et la réalité de la protection étant trop important. C’est un cas de figure qui peut se produire notamment lorsque  le brevet porte sur de menus perfectionnements et ne gêne en rien les entreprises concurrentes. L’audit est à même de déceler cette situation et éventuellement de proposer des solutions encore possibles pour y remédier.

Une exploitation entravée

L’analyse de la liberté d’exploitation est également un passage délicat. En effet, pour rappel, l’obtention d’un brevet confère un droit d’interdire aux tiers d’utiliser l’invention sans autorisation préalable, et non un droit d’exploitation. Il s’agit donc de vérifier qu’il n’existe pas de freins à l’exploitation des brevets déposés. Sans le savoir, les start-up peuvent en effet empiéter sur les droits de tiers disposant de brevets antérieurs. Tant que la start-up paraît inoffensive ou reste dans l’ombre, ces tiers peuvent estimer que la menace n’est pas suffisante pour intenter une action en contrefaçon. En revanche, le coup de projecteur donné par une fusion, une acquisition ou une grosse levée de fonds et le potentiel de développement ainsi permis peuvent éveiller l’attention et la méfiance des tiers qui pourraient alors envisager d’agir à l’encontre de la start-up. Il est donc de première importance que l’audit puisse mettre en évidence un tel brevet antérieur pouvant freiner l’exploitation de la start-up sur ses marchés actuels et futurs, afin d’anticiper cette situation au mieux et d’envisager des solutions (contournement du brevet tiers, négociation d’une licence simple ou croisée, action pour invalider le brevet tiers…).

Des droits mal gérés, nids à litiges

Autre facteur de risque : l’entreprise est-elle bien réellement la propriétaire des brevets déposés ? Dans les start-up, cette partie est souvent assez mal gérée, par méconnaissance ou inadvertance. Quand l’invention est le fait d’un salarié dont c’est la mission, les droits sur cette invention appartiennent automatiquement à  son employeur. Encore faut-il que la mission inventive du salarié soit explicite. Autres exemples de cas problématiques : si un sous-traitant, un prestataire ou même les dirigeants de l’entreprise sont à l’origine de l’innovation brevetée. Afin de sécuriser le transfert des droits, un contrat en bonne et due forme entre les parties est indispensable pour éviter tout contentieux.

Des conditions d’exploitation limitées

Enfin, l’audit pourra également vérifier les conditions d’exploitation. L’entreprise exploite-t-elle seule ses brevets ? Les droits de propriété industrielle et les règles d’exploitation sont-ils encadrés par un contrat de collaboration, de licence ou un règlement de copropriété ? Ces cas de figure sont en effet de plus en plus fréquents dans la mesure où la coopération et l’innovation entre entités indépendantes (organismes publics de recherche, grandes entreprises, PME, start-up…) se développent. Des accords de licence existent-ils ? Sont-ils conclus intuitu personae ? Si tel est le cas, la poursuite de l’exploitation après fusion-absorption peut être entravée…

Autant de situations qui nécessitent vigilance et anticipation. Même si le risque zéro n’existe pas…

Auteur : Hélène Stankoff

Source : www.journaldunet.com

La protection de la propriété intellectuelle, un défi d’aujourd’hui


Le contexte d’économie mondialisée dans lequel les entreprises évoluent renforce de manière irrémédiable la valeur de la recherche et de l’innovation dans leur activité. Ainsi, aux États-Unis, plus de 80 % de la valeur des entreprises repose désormais sur la propriété intellectuelle, alors que cette dernière comptait pour moins de 20 % dans les années 70.

Déposer des brevets ne suffit pas

Pour protéger leur patrimoine intellectuel, qui leur assure souvent une avance technologique cruciale vis-à-vis de leurs concurrents, les entreprises peuvent bien entendu déposer des brevets, ce qu’elles ne se privent pas de faire. Mais cela ne suffit pas ! Elles doivent aussi veiller à protéger les données informatiques qui véhiculent cette valeur intellectuelle. Chaque serveur, chaque terminal de l’entreprise doit être sécurisé. Néanmoins, l’orientation du marché IT vers la mobilité (notamment vers le BYOD, Bring Your Own Device) et le cloud offre des possibilités d’attaques supplémentaires aux hackers et augmentent les risques des entreprises de voir leurs innovations dévoilées, copiées. Par conséquent, la protection méthodique et systématique des données et de leurs transmissions constituent désormais un challenge de premier plan pour les entreprises. Un challenge qui engage leur compétitivité sur le marché, et donc leur santé économique.

Votre patrimoine intellectuel à la merci des hackers

Aujourd’hui, les hackers peuvent utiliser une multitude de programmes destructeurs pour copier, voler ou supprimer des données à distance. Selon les résultats d’un sondage réalisé conjointement par Kaspersky Lab et le bureau d’analyse B2B International, 91 % des entreprises interrogées à travers le monde ont été victimes au moins une fois au cours de l’année dernière d’une cyber-attaque, et 9 % des sociétés ont été victimes d’attaques ciblées. Aussi, se prémunir des vols de données nécessite une approche globale de la sécurisation du système d’information et une connaissance fine des méthodes des cybercriminels. En effet, les analyses d’attaques le prouvent, ces derniers élaborent des stratégies de plus en plus sophistiquées et déploient des moyens de plus en plus conséquents pour arriver à leurs fins.

Utiliser les vulnérabilités des entreprises

Techniquement, ils savent utiliser les vulnérabilités connues des applications utilisées par les entreprises, mais aussi les vulnérabilités encore méconnues par les éditeurs eux-mêmes. Surtout, ils sont capables d’adopter des démarches inhabituelles pour accéder aux données qui les intéressent (y compris à celles stockées dans le cloud). Les défis à relever par les DSI en termes de sécurité sont donc à la hauteur des enjeux industriels et économiques qui sont soulevés. Kaspersky a pu vérifier auprès de Ferrari, qu’il accompagne depuis 2010, à quel point chaque détail compte. Dans le monde ultra-concurrentiel de la Formule 1, la sécurité de chaque élément d’information doit être vérifiée en permanence.

Pas de solution miracle

Plus la criticité de l’information est élevée, plus les moyens engagés pour la sécuriser devront être adaptés. Parce que la menace ne peut se réduire à un type d’attaque ni à un type d’attaquant, il n’existe pas encore de solution miracle… et il n’en existera peut-être jamais. D’une manière générale, seule l’association de la technologie, d’une vigilance permanente et globale à la formation des parties prenantes est susceptible de garantir aux entreprises les fruits de leurs efforts R&D. Une exigence qui repose sur la maîtrise de systèmes complexes mais aussi sur l’anticipation des besoins futurs. La valorisation des innovations est à ce prix. »

Auteur : Tanguy de Coatpont, 44 ans est nommé directeur général de Kaspersky Lab France en juillet 2012.

Source : www.economiematin.fr

Les FabLab, pionniers de l’industrie du futur


Imprimantes 3D, économie collaborative, les institutions publiques se penchent tout juste sur le développement et l’encadrement des nouvelles technologies de fabrication. Dans des usines 2.0, on les utilise déjà, avec brio.

Les imprimantes 3D, ces machines capables de fabriquer des objets en relief, pourraient « transformer profondément les modes de production actuels », estime le Conseil économique, social et environnemental, dans un avis rendu le 24 mars sur le sujet. Par exemple dans la santé, l’aéronautique, l’automobile ou l’énergie. Encore faut-il offrir à cette technique les moyens de se développer. Le CESE préconise ainsi de renforcer la formation dès le plus jeune âge, d’encourager la recherche et développement, de faciliter l’accès aux financements, ou encore de créer un cadre juridique précis sur les questions de sécurité et de propriété industrielle.

Alors que le temps politique traîne, des start-ups sont déjà sur la brèche. Réunies au sein de FabLab, contraction de « laboratoire de fabrication », elles confrontent ces nouvelles technologies à la réalité du business.

Des méthodes ancestrales et des nouvelles technologies

Ici Montreuil, en banlieue parisienne, en est un exemple. Ses fondateurs ont transformé une ancienne usine en l’un des plus grands espaces de travail collaboratif de France, doté d’un parc de machines industrielles ultra-innovantes. Entre les fraiseuses et raboteuses traditionnelles, se cachent des outils derniers-cris pour façonner ou découper n’importe quel matériel par commande numérique. Et bien sûr, plusieurs imprimantes 3D. Des machines que se partagent les résidents. Sur 1.700 mètres carré, plus de 160 artistes, artisans, et startups se côtoient, collaborent, et échangent sur leur savoir-faire numérique, artisanal et design.

Des métiers aux méthodes ancestrales se mettent ainsi aux nouvelles technologies. Comme l’ébénisterie et la menuiserie, les spécialités de Sarah Fournis, une des résidentes d’Ici Montreuil. Elle fabrique du mobilier pour des hôtels de luxe, et des sacs en marqueterie contrecollée sur du cuir. Avant, elle incisait ses pièces de bois « à la main avec une petite scie et une règle », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle a accès à un lieu de création dédié et à un atelier numérique où elle peut découper ses pièces au laser. « Au lieu de passer la journée à découper avec une scie mon plaquage, j’en ai pour quinze minutes sur la découpeuse laser à commande numérique ». Un gain de temps qui lui permet de produire en série et de gagner en rentabilité.

Comme elle, une centaine d’artisans font évoluer leurs techniques dans cet atelier numérique. Une fourmilière à innovation qui permet aux résidents de d' »offrir de nouvelles prestations à leurs clients qu’ils n’envisageaient pas avant, ou alors qu’ils devaient sous-traiter. Mais le coût de la prestation était souvent dissuasif », souligne Pierric Verger, le responsable du FabLab. Certaines pratiques initiées dans ces ateliers 2.0 sont devenues des automatismes pour les entreprises « comme graver son logo au laser sur leur mobilier pour les ébénistes », note-t-il.

« L’énorme avantage » du FabLab, selon Pierric Verger, est de faire collaborer les 60 métiers exercés à Ici Montreuil pour offrir aux clients des prestations globales. « Quelqu’un qui vient nous voir pour un projet qui concerne l’ébénisterie, est informé qu’on peut aussi sous-traiter le métal, le textile, qu’on opère le suivi de projet. Finalement, on lui fournit une solution clé-en-main ».

Le géant de la high-tech Sony en a fait l’expérience. Le Japonais a fait réaliser au FabLab un automate robot en bois capable de jouer à la Playstation. Un projet sur lequel ont collaboré des développeurs web, des spécialistes de l’électronique et du numérique, des artisans du bois, du métal et du tissu. Ce robot a ensuite été exposé sur les Champs-Élysées pendant le marché de Noël.

Ci-dessus Emmanuel Beaufils, dirigeant de l’agence de communication Uzful, elle aussi résidente aux côtés des « makers », le nom donné aux artisans de ces structures, qui a ramené le projet Sony au FabLab.

Auteur : Cécile Tordo

Source : bfmbusiness.bfmtv.com

Pour financer vos innovations, jouez la carte du collectif


Vous cherchez des fonds pour vos projets R & D, mais banques et investisseurs privés vous tournent le dos ? D’autres acteurs peuvent vous aider : des entreprises aux compétences complémentaires ou désireuses de profiter de votre expertise. Passage en revue des partenariats possibles.

L’essentiel

– Qu’il s’agisse d’un groupement d’entreprises, d’un apport financier d’un grand compte ou du corporate venture, traitez vos interlocuteurs comme de réels partenaires et non de simples financiers.

– Pour convaincre, détachez-vous d’une approche produit et adoptez une posture commerciale.

– Ne vous précipitez pas et négociez vos contrats pour en tirer le meilleur parti.

Non, les subventions publiques, l’emprunt bancaire ou encore les levées de fonds ne sont pas les seules alternatives au financement de vos inventions! Qui mieux que d’autres entreprises pour appréhender vos préoccupations sur cette question? Groupement d’intérêts économiques (GIE), partenariat financier avec un grand groupe, corporate venture… Ces collaborations financières avec d’autres entreprises présentent le précieux avantage de mutualiser les coûts et risques liés à la R & D tout en vous en garantissant la future exploitation commerciale. Ajoutez à cela que ces partenariats peuvent aussi s’étendre au partage de ­matériels ou encore de main-d’œuvre. Ce cofinancement entre entreprises suppose néanmoins de prendre de nombreuses précautions, bien en amont du processus R & D lui-même. « Ne vous arrêtez pas à vos seuls besoins de financement. Pensez avant toute chose à vendre », conseille Emmanuel Leprince, directeur général de l’association Pacte PME, qui facilite les mises en relation entre grands groupes et PME. À qui sera vendue votre innovation ? Qui détiendra les droits de propriété industrielle ou intellectuelle? Sous quelles conditions tarifaires et quelles garanties ? Ces questions fondamentales vous aiguilleront dans le choix de votre / vos ­allié(s) financiers aussi bien que sur les modalités ­contractuelles d’un éventuel partenariat.

Groupement d’entreprises

Si le groupement d’entreprises a le plus souvent pour vocation de mutualiser les coûts de communication et de prospection commerciale de sociétés aux expertises complémentaires non concurrentes, certaines alliances portent plus particulièrement sur le cofinancement de projets R & D. « Ce type de projets à la fois industriels et opérationnels débouche généralement sur la mise en place d’une société ad hoc ou d’un contrat partenarial, détaille Nicolas de Witt, associé au cabinet d’avocats Taylor Wessing France. Toute la difficulté étant de bien délimiter les rôles, les missions, les parts ou actions de chacun et les modalités de rémunération liée à l’exploitation finale de l’innovation. L’intérêt étant également de pouvoir bénéficier d’aides publiques. » Plusieurs groupements de PME français s’adossent ainsi, dans le cadre de projets R & D, à des organismes publiques, à l’instar du GIE Albatros, membre de l’Institut de recherche technologique nantais Jules Verne, spécialisé dans les technologies avancées de production, ou encore le GIE PME Numériques avec l’IRT breton B-com.

Alternative aux groupements : la participation financière d’un grand groupe au développement de votre innovation. « Afin de garder une longueur d’avance sur la concurrence, les grandes entreprises se tournent de plus en plus vers ce type de partenariats à haute valeur ajoutée », explique Marc Charlet, directeur général adjoint du pôle de compétitivité Mov’eo, spécialisé dans les projets R & D liés à l’automobile et à la mobilité. Attention à ne pas vous précipiter. Ce type d’engagement n’est réellement intéressant pour votre société que si vous conservez la propriété industrielle de votre innovation. « Il existe souvent une distorsion d’intérêts entre les deux parties. La petite société voit souvent le grand compte comme un porte-monnaie quand les grands groupes se montrent eux, plus frileux à investir, surtout quand ils sont seuls », nuance Nicolas de Witt (Taylor Wessing France). Selon Emmanuel Leprince, directeur général de l’association Pacte PME, qui facilite les mises en relation entre grands groupes et PME, vous devez ainsi les rassurer sur deux sujets sensibles : la sécurité du processus d’innovation d’une part, et vos conditions tarifaires concernant le produit ou service une fois finalisé, d’autre part. « Vous pouvez notamment prévoir un tarif plafond au-delà duquel le grand groupe pourra ouvrir un nouvel appel d’offres si cela ne lui convient plus », cite Emmanuel Leprince.

Corporate venture

Au-delà du partenariat financier, vous pouvez aussi opter pour le « corporate venture » ou « capital-risque d’entreprise ». Il s’agit pour le grand groupe de prendre une participation minoritaire dans une PME pour accompagner ses projets d’innovation sur le plan financier et opérationnel. Bonne nouvelle, depuis juillet 2014, ce dispositif est plus incitatif fiscalement. « Il permet aux grands groupes d’amortir sur cinq ans leurs souscriptions minoritaires au capital des PME innovantes, si la valeur des titres ne dépasse pas 1 % de leur actif », précise Nicolas de Witt. Ils ne pourront, par ailleurs, détenir plus de 20 % des parts ou actions de la société ciblée, et ce, sur deux ans maximum. « Afin de mutualiser et d’amplifier leurs investissements, de plus en plus de groupes s’allient à d’autres grands comptes, via des fonds multicorporate », ajoute Marc Charlet. Parmi lesquels on peut citer Aster Capital (Alstom et Schneider Electric), Ecomobility venture (Orange, Total et SNCF), ou encore Iris Capital (Orange et Publicis). Notez que quel que soit le montage privilégié, la prudence est de mise dans ce type d’associations très poussées. Le risque ? Perdre votre indépendance sur le plan opérationnel, mais aussi au niveau de votre gouvernance.

Auteur : Marion Perroud

Source : www.chefdentreprise.com

Transtech prépare actuellement la 5ème édition de sa revue Inventifs


Transtech prépare actuellement la 5ème édition de sa revue Inventifs visant à mettre en avant des projets innovants soit « exemplaires » soit « d’avenir ».

Aussi, si vous avez un ou deux projet(s) validé(s) récemment (juridiquement et techniquement depuis 5 ans maximum), vous pouvez les mettre en avant dans la revue en tant que projet accompagné et validé par votre association. Les associations qui nous enverront des projets validés seront, bien entendu, mises en avant dans la revue.

Pour rappel, un projet « d’avenir » qui peut potentiellement être présenté dans la revue est un projet validé :

juridiquement (protégé par un titre de propriété industrielle récent et avec un bon rapport de recherche.

– techniquement (avec au moins une modélisation 3D ou un 1er prototype fonctionnel).

Merci de faire un retour à Transtech au 05 56 51 39 18 ou par e-mail à contact@transtech.asso.fr / estelle.vatskil@transtech.asso.fr

Ma boule de cristal


Prévoir notre avenir collectif, sans même disposer d’une boule de cristal, est à notre portée. Il suffit de se référer à un indicateur qui ne relève pas de la magie, précis, disponible mais rarement consulté. Ce tableau du futur prochain est celui des brevets déposés chaque jour dans le monde : tout inventeur n’est pas nécessairement porteur d’avenir, mais sur le grand nombre, il n’est pas d’innovation qui ne soit protégée par un brevet. Que l’innovation soit le fondement du progrès, fut compris en Grande-Bretagne au début du XVIIIe siècle : le Parlement britannique protégeait alors la propriété intellectuelle des inventeurs. Il revint ensuite à Thomas Jefferson d’inscrire dans la Constitution des États-Unis cette propriété intellectuelle, considérant que le brevet deviendrait la véritable richesse de sa nouvelle nation. A Jefferson, il revient aussi d’avoir limité la propriété intellectuelle dans le temps, afin que le brevet ne devienne pas un obstacle à la concurrence. Ces principes sont devenus universels, mais tous les brevets ne se valent pas. L’indicateur significatif est le tableau des brevets dits triadiques, déposés aux États-Unis, en Europe et au Japon, ce qui leur confère une validité quasi universelle.

De ce tableau, il ressort que le nombre de brevets croît de manière géométrique, puisque le nombre des chercheurs augmente et que le progrès est cumulatif : plus on cherche, plus on trouve. On trouve où on cherche, en premier lieu aux États-Unis, avec un tiers des brevets triadiques annuels. Sachant qu’une proportion significative de ces brevets deviendront les produits et services de l’avenir proche, la prééminence des États-Unis n’est pas en doute ni menacée.

Immédiatement derrière les États-Unis, le Japon reste le second porteur d’innovations. On s’en est rendu compte lorsque la catastrophe de Fukushima (en 2011) avait paralysé l’industrie japonaise, interrompant par contrecoup des entreprises du monde entier, privées de pièces détachées que le Japon seul fournissait. L’Europe arrive en troisième position avec une contribution prépondérante de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France, du Danemark, de la Belgique et de la Suisse. Par habitant, le Japon et la Suisse sont les deux leaders mondiaux de l’innovation. L’Europe traverse donc une phase difficile, mais elle n’est pas marginalisée : avec les États-Unis et le Japon, voici la troïka qui mène le monde. Ce qui permet de comprendre pourquoi, même lorsque la croissance ralentit, la qualité de vie s’améliore grâce à l’innovation : de la santé au téléphone par exemple.

Et les pays « émergents » ? Ils n’émergent pas ou peu : le seul qui apparaît sur l’écran radar de l’innovation est la Corée du Sud. Taïwan aussi frémit. Derrière, rien : la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie ne déposent que des brevets à usage interne, dont l’objet est avant tout de bloquer la concurrence étrangère. La croissance de ces pseudo- émergents reste, pour l’instant, fondée sur l’imitation et la sous-traitance. La carte du monde de demain ressemble à la carte du monde d’aujourd’hui.

Qu’invente-t-on ? A suivre les brevets triadiques, on perçoit les novations majeures. On en soulignera cinq : la fabrication en 3D, la médecine à distance, l’internet des choses, l’alimentation de synthèse, l’éducation à distance. Les imprimantes en trois dimensions permettront, chez soi ou en usine, de fabriquer n’importe quel objet en n’importe quelle matière sur la base d’un programme informatique. Le coût de la main-d’œuvre deviendra marginal dans la fabrication industrielle, ce qui ramènera la production des pays à bas salaires vers les pays riches et consommateurs : le modèle chinois en sera affecté si la Chine ne passe pas de la reproduction à l’innovation. La médecine à distance permettra de s’auto-diagnostiquer en continu : les données seront transmises en temps réel aux médecins, à fin de vérification et de thérapeutique. La visite médicale deviendra un ultime recours pour les patients non équipés et les cas désespérés. L’Internet des choses nous permettra de tout commander à distance, de la conduite de notre voiture au chauffage de notre domicile. L’enseignement à distance a commencé, au départ des universités américaines (Massive Online Courses) qui dispensent leurs meilleurs enseignements sur le web, tout en vérifiant les connaissances acquises. Le cursus universitaire de l’avenir exigera sans doute quelques années à distance et une année finale sur le campus (c’est déjà le modèle de l’Université de l’Arizona), offrant au grand nombre un enseignement de qualité aujourd’hui réservé aux élites. L’alimentation de synthèse ? Les protéines de synthèse permettront d’accompagner la croissance démographique, alors même que les terres arables commencent à manquer et que les effets bénéfiques des OGM (organismes génétiquement modifiés) s’épuisent. Dans cette esquisse d’un futur plus que probable, les énergies de substitution n’apparaissent pas : les ressources de charbon, pétrole et gaz devenant inépuisables – grâce à la fracturation des roches et aux gains de productivité – l’incitation à changer de source d’énergie devient nulle. Pour ceux qui s’inquiètent du réchauffement climatique, la capture et la cristallisation des résidus devraient rassurer.

Cet avenir suppose que l’économie de marché perdure, car une invention sans un entrepreneur qui la transforme en produits accessibles au grand nombre, reste stérile. Mais on ne peut pas breveter l’économie de marché, ni la démocratie qui favorise l’esprit inventif : ce qui est brevetable est certain, mais ce qui ne l’est pas est incertain, voire improbable.

Auteur : Guy Sorman

Source : www.hebdo.ch

L’invention dans la peau


association_aict_2015

L’AICT, présidée par Louis Thomas, vient de tenir son assemblée générale. Cette association d’inventeurs, forte d’une vingtaine de membres, déborde largement sur les départements limitrophes. La Fédération française des inventeurs lui a décerné l’an passé le diplôme de « Force française pour la relance économique ».

Sylvain Mary, kinésithérapeute de Caen, n’ayant pas trouvé d’aide en Basse-Normandie, est venu se renseigner sur les démarches à suivre afin de protéger son invention, qui demeurera secrète jusqu’au dépôt du brevet. La première disposition à prendre est de déposer une enveloppe Soleau, contenant dessins et descriptif de l’invention. Cette enveloppe, valable cinq ans, sera déposée à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) et assure la paternité intellectuelle. Le brevet, qui assure, lui, la protection industrielle, s’obtient après recherche d’antériorité auprès d’un cabinet de conseiller en brevet, ce qui peut coûter de 2.500 à 3.000 euros.

Louis Thomas, concepteur de l’hydrogénérateur Turbolect, rappelle donc la nécessité de protéger les inventions, ce qui devra être le cas lors du Salon des jeunes inventeurs qui se tiendra à Monts les 30 et 31 mai.

Rodolphe Kiesslich, directeur de la recherche et du développement des nouvelles applications de l’anhydride carbonique, tient à préciser que la France est championne d’Europe 2013 des innovations. Georges Louzanne, qui travaille par ailleurs sur l’auto-captage de l’énergie, a présenté une astucieuse canne télescopique. René Plaud a décrit son idée de bateaux à propulsion manuelle, avec toit solaire et turbine aérienne en hybride. Maurice Letot obtient de l’eau chaude immédiate à son robinet, avec une source située de 50 à 100 mètres, sans aucune perte d’eau. La création de nouveaux jeux de société n’est pas en reste, grâce notamment à Paul Bohic.

Enfin, l’association est fière d’annoncer la tenue du Grand Trophée AICT Invention Innovation au parc des expositions de Tours les 9, 10 et 11 octobre prochains.

Source : www.lanouvellerepublique.fr